Les concurrents de la 5e saison du W2RC sont arrivés hier à la journée de repos du Dakar. Riyadh marque la mi-temps de la première manche du calendrier.
À moto, les quatre premiers du championnat 2025 sont placés aux quatre premières positions du général. Le champion du monde Daniel Sanders (Red Bull KTM Factory Racing) est en tête. En Rally2, de nombreux prétendants ont connu des mésaventures. Preston Campbell (Monster Energy Honda HRC) est passé à travers et pointe en tête de la catégorie.
En autos, le champion du monde Lucas Moraes (The Dacia Sandriders) occupe la 10e place du général. Les deux autres hommes du tiercé gagnant de la saison passée sont aux avant-postes. Nasser Al Attiyah (The Dacia Sandriders) est leader devant Henk Lategan (Toyota Gazoo Racing W2RC).
En Stock, la première opposition entre le constructeur Defender et les pilotes du Team Land Cruiser Toyota Auto Body tourne pour le moment à l’avantage de la marque anglaise au profit de Rokas Baciuska.
En Challenger, le duo de tête de 2025 occupe les deux premières places de la course. Le dauphin Pau Navarro (Odyssey Academy by BBR) devance le numéro un Nicolas Cavigliasso (Vertical Motorsport). En SSV, trois Can-Am Factory sont en tête du classement W2RC.
Demain, les concurrents vont quitter Riyadh avec Yanbu en ligne de mire qu’ils atteindront à l’issue de sept étapes, dont une nouvelle marathon refuge.
RallyGP : Sanders porte au plus haut son numéro 1
Les débuts de la 48e édition du Dakar ont été marqués par deux coups d’éclat consécutifs du nouveau venu dans la catégorie RallyGP. Edgar Canet (Red Bull KTM Factory Racing) a remporté le prologue et l’étape 1, récoltant ses deux premières médailles en première division. En sortant de l’étape marathon refuge sur la jante, l’Espagnol s’est ensuite retrouvé à plus de dix heures au général.
Sur ce tableau, les noms du quarté gagnant de 2025 ne sont jamais descendus plus bas que le sixième rang. Daniel Sanders et Ricky Brabec (Monster Energy Honda HRC) sont les deux seuls pilotes à ne jamais être sortis du podium du général depuis Yanbu. C’est donc eux que l’on retrouve les mieux placés à Riyadh. Le champion du monde en titre devance l’Américain de seulement 45 secondes.
Auteur d’un excès de vitesse au départ de l’étape 6 qui lui a coûté 6 minutes de pénalité, « Chucky » a perdu en confort en réduisant son matelas d’avance au moment de se reposer une journée. Tosha Schareina (Monster Energy Honda HRC) a lui aussi commis une erreur en première semaine. Comme l’Australien, c’est à froid, au départ du bivouac du marathon refuge, que l’Espagnol n’a pas respecté le marquage de la zone de sortie. Une boulette qui lui coûte 10 minutes et le relègue au pied du podium (+11’56’’).
Luciano Benavides (Red Bull KTM Factory Racing) est juste devant lui (+10’15’’). KTM et Honda placent chacun deux de leurs cartes maitresses.
« Nacho » Cornejo avance sa Hero en 5e position, à près d’une demi-heure du leader. Son coéquipier Ross Branch, placé en début de course, a été contraint par sa mousse arrière à freiner son avancée pour rallier la ligne d’arrivée de la marathon. Le Botswanais est à plus d’une heure et demie du match.
Du côté des statistiques, Sanders a augmenté son statut de recordman de victoires d’étapes d’un cran, portant son total en W2RC à 25. En s’imposant deux jours, Schareina passe à 21. Benavides (16) et Brabec (12) empochent une médaille supplémentaire.
Rally2 : Campbell se fait un prénom
En Rally2, la montée en première division du tenant du titre Edgar Canet ouvre la porte à ses rivaux d’hier. Harith Noah (Sherco TVS Factory Rally) et Tobias Ebster (Hero MotoSports) se sont blessés et ont quitté la course. Neels Theric (Kove Factory Racing), vainqueur de deux étapes, avait perdu tout espoir de résultat final dès le prologue qu’il a terminé en poussant.
Michael Docherty (BAS World KTM) était désigné à prendre la succession après avoir dominé quatre étapes (32 à son actif à date, record Rally2). Mais le Sud-Africain a cassé sa jante, contraint de faire l’impasse sur la deuxième journée marathon. Martim Ventura (Monster Energy Honda HRC), le seul à lui disputer les temps en spéciale (une victoire d’étape), avait au préalable heurté une pierre et perdu du temps à réparer sa moto.
Son coéquipier Preston Campbell, rookie comme lui sur le Dakar et fils de la légende des Bajas US Johnny Campbell, passe à travers les ennuis et occupe le général Rally2 devant les habitués Toni Mulec (BAS World KTM, +16’42’’) et Konrad Dabrowski (Duust Rally, +23’29’’).
Ultimate : Al Attiyah aux commandes, Toyota esseulé, Ford en force
Si l’usure des pneus a été l’un des enjeux de la première semaine des motards, ce sont les crevaisons dans les pierres qui ont joué les juges de paix chez les autos. Le vainqueur du Dakar 2025, Yazeed Al Rajhi, en est venu à jeter l’éponge dans l’étape 3, à cours de roues de secours et déjà trop loin au général pour espérer revenir dans le match. Henk Lategan avait donné l’alerte dès le prologue avant de comptabiliser neuf crevaisons en sortant de l’étape fatale à Al Rajhi. Le Sud-Africain a alors joué son va-tout, passant au travers des crevaisons, au point de prendre les commandes de la course après les deux journées marathon.
En jouant la carte de la sécurité mesurée, Nasser Al Attiyah a fini d’échafauder son plan en remportant la 6e étape, la première dans les dunes, sa chasse gardée. Le triple champion du monde, en reconquête après sa désillusion de 2025, a délogé Lategan (+6’10’’) juste avant la journée de repos avec la manière : en rejoignant le cap symbolique de 50 victoires en spéciale sur le W2RC (une de plus que sur le Dakar).
Les Ford ont marqué la première mi-temps, Mitch Guthrie remportant deux journées après la victoire dans le prologue de Mattias Ekstrom. Mais ce sont les Raptor de Nani Roma et Carlos Sainz qui se placent au général. Les Espagnols sont 3e (+9’13’’) et 4e (+11’49’’) devant leur coéquipier suédois (+12’11’’).
Sébastien Loeb, au jeu des crevaisons, est 6e (+17’36’’). Le champion du monde Lucas Moraes, qui découvre la Dacia, est le moins en verve du quarté 2025. Le Brésilien, 10e du général, est à 26’46’’ de son coéquipier et dauphin Qatarien.
À l’heure du premier bilan, Dacia peut se réjouir du départ d’Al Attiyah et de l’écart raisonnable de Loeb. Toyota, triple champion du monde des constructeurs, a tous ses œufs dans le baquet de Lategan, seul Hilux du Top 10 avec celui du débutant en Ultimate Eryk Goczal (9e). Ford fait fort : ses quatre Raptor officiels sont dans le Top 7 sous la barre des 22 minutes.
Stock : Defender fait mieux que se défendre
En Stock, Defender a remporté les sept chronos de la première semaine. Sara Price (3), Rokas Baciuska (2) et Stéphane Peterhansel (2) n’ont laissé aucune miette aux Land Cruiser. L’Américaine n’est pas récompensée au général, victime d’un ennui mécanique en début de course, à l’image de « Monsieur Dakar ». C’est le Lituanien qui devance Peterhansel (+44’43’’) et le Land Cruiser de Ronald Basso (+1h51’56’’). Akira Miura, le tenant du titre sur le Dakar, a été contraint de quitter une étape et évolue désormais en Dakar Expérience.
Challenger : Navarro et Cavigliasso en patrons
En Challenger, la course à l’élimination a fait une première victime : Dania Akeel (Odyssey Academy by BBR), sur le podium final du championnat l’an passé, touchée par les crevaisons avant une panne de turbo dans l’étape 3. La Saoudienne est à 2h23’ au général. À l’inverse, les deux premiers du classement 2025 passent entre les gouttes. Pau Navarro, dauphin de Nicolas Cavigliasso, arrive à Riyadh en leader devant l’Argentin (+4’57’’). Lucas del Rio (BBR Motorsport) est 3e (+25’54’’).
Yasir Seaidan (Nasser Racing), natif de Riyadh, a bien failli arriver à la maison en héros. Le Saoudien, leader aux étapes 3 et 4, était 2e hier. Au km 204, il avait repris la tête du général virtuel pour une seconde devant Navarro, avant de casser un train arrière et de réparer durant plus de trois quarts d’heure. Seaidan est 4e du général à 46’30’’.
SSV : Kyle (dé)Chaney
L’arrivée sur le championnat d’une armada de Maverick R officiels du constructeur Can-Am ne passe pas inaperçue. L’Américain Kyle Chaney est le plus rapide du contingent engagé en W2RC devant son coéquipier Joao Monteiro (+4’41’’). « Chaleco » Lopez (Can-Am Factory Latam) est à une heure, mais ne lâchera rien.

