La perf' de la semaine : Adrien Van Beveren de la chute (2025) au podium (2026)
Adrien Van Beveren avait une revanche à prendre sur le bp Ultimate Rally-Raid Portugal. C'est ici que l'officiel Monster Energy Honda HRC a lourdement chuté en septembre 2025, alors qu'il se battait pour la victoire. L'incident constituait son premier abandon sur une épreuve du W2RC, et avait entamé sa préparation pour le Dakar 2026. Six mois plus tard, le Nordiste a effacé ce mauvais souvenir.
Compétitif toute la semaine au Portugal – il a fini les six journées dans le top-5 –, Van Beveren termine troisième et s'offre son premier podium mondial depuis le Dakar 2025. Il est aussi le seul pilote RallyGP à avoir tenu le rythme de Daniel Sanders et Tosha Schareina, duo aux statistiques effrayantes (ils ont remporté 14 des 18 spéciales disputées depuis la création de la course en 2024). Un résultat qui le replace aussi au championnat, où le Français passe de la 6e à la 5e position. Le tout avant de se diriger vers le Desafío Ruta 40, en Argentine, un territoire qu'il a l'habitude de décrire comme son deuxième pays.
Alexandre le Grand
Vainqueur du championnat des rallyes-raid FIA en SSV en 2025, seulement quatre ans après avoir débuté dans ce sport, Alexandre Pinto n’a pas réalisé le Dakar qu’il espérait en janvier dernier. Qu’à cela ne tienne, le Portugais a choisi avec son équipe Old Friends Rally de se lancer dès cette semaine dans un nouveau défi en montant dans la division supérieure Challenger, armé d'un Taurus de chez Odyssey Academy by BBR.
La première journée entachée d’une crevaison l’a relégué à plus de 14 minutes au classement général. Tout l’art du rallye-raid consiste à ne jamais baisser les bras. Pinto s’est même retroussé les manches pour s’imposer depuis trois fois d’affilée depuis, ce que seul son compatriote Bruno Santos a été capable de réaliser lui aussi cette semaine (étapes 1 à 3 en Rally2). Aujourd’hui, Pinto accusait près de 2 minutes de retard sur la victoire au km 166 (+1'57"). Méthodiquement, il a hissé son Taurus jusqu’au sommet du classement, prouvant s’il en était nécessaire que malgré sa jeunesse (26 ans), il avait déjà acquis la philosophie de la discipline. Alexandre deviendra certainement le Grand.
Loeb repousse ses poursuivants, en ouvrant !
Gagner une spéciale en partant le premier en piste, c’est l’illustration de la cerise sur le gâteau en rallye-raid. Sébastien Loeb (The Dacia Sandriders) ne s’est pas offert cette gourmandise aujourd’hui, mais c’est tout comme ! Sans un sprint final impressionnant de son coéquipier Lucas Moraes, le Français s’imposait en résistant – puis en doublant – Seth Quintero (Toyota Gazoo Racing W2RC) et Joao Ferreira (Toyota Gazoo Racing SA), dominateurs des deux premiers tiers de la spéciale.
Mais le résultat au classement général est quand même positif : Loeb devance aujourd'hui Quintero, son dauphin sur la course, de 32". Il porte ainsi son avance en tête du bp Ultimate Rally-Raid Portugal à 1'27". Et voit dans son rétroviseur son coéquipier Moraes revenir à 1'34" de la tête, à seulement 7" du parechoc arrière du Hilux de Quintero. Coup double pour Dacia !
Bruno le « malle-moto »
Rares sont les pilotes Rally2 à avoir gagné une étape face aux professionnels de la catégorie reine RallyGP. Danilo Petrucci, Michael Docherty et Bradley Cox sont les trois à y être parvenus en bientôt cinq années de W2RC. Bruno Santos (BS - Frutas Patricia Pilar) est passé à 2 secondes de cet exploit. Longtemps leader de l’étape 2, le Portugais a été battu dans le sprint final par Tosha Schareina (Monster Energy Honda HRC) à Badajoz. Cela n’enlève rien à sa performance, encore plus remarquable quand on sait qu’il roule… en mode « malle-moto » ! Santos s’occupe en effet lui-même de sa propre mécanique, après avoir été aidé par sa compagne par le passé. Une modalité qu’il pourrait bien tester sur le Dakar, une épreuve dont il vient de terminer 17e (7e Rally2).
En attendant la prochaine échéance saoudienne, le Lusitanien a une victoire à aller chercher en Rally2 cette semaine. Il mène le classement avec plus de 9 minutes d’avance sur son dauphin, le Français Neels Theric (Kove Factory Racing). Santos a déjà remporté la catégorie en 2024, et avait alors terminé 3e du bp Ultimate Rally-Raid Portugal face aux pilotes RallyGP. Il occupe ce soir la 4e place du général à 4'32" du leader Daniel Sanders (Red Bull KTM Factory Racing), et à un peu plus de 2 minutes du podium. Affaire à suivre.
« Chucky » fait déjà peur
On aurait pu penser qu’une blessure à l’épaule, ainsi qu’une déchirure musculaire de 7 centimètres à la jambe, auraient refroidi les ambitions de Daniel Sanders (Red Bull KTM Factory Racing). Que n’étant pas encore remis à 100 % de l’intervention chirurgicale subie en Australie, peu après le Dakar, le champion du monde en titre roulerait sur la retenue ici. Il n’en est rien et c’est même tout le contraire. Vainqueur du prologue-sprint de 3 kilomètres hier, « Chucky » a dicté sa loi sur les 180 kilomètres chronométrés autour de Grândola aujourd’hui. Les différences créées avec certains de ses adversaires sont conséquentes. Au moins trois candidats aux premières positions sont au-delà des 5 minutes de retard – Ricky Brabec à 5'33", Luciano Benavides à 7'06", Edgar Canet à 8'10".
Rien n’est joué puisqu’il reste près de 2 000 kilomètres à parcourir, mais le décor est planté par la KTM n°1. La péninsule ibérique est le territoire de la dernière victoire en date de Sanders, lors du bp Ultimate Rally-Raid 2025. Vaincu au Rallye du Maroc en octobre, puis au Dakar en janvier, l’officiel KTM a des envies de revanche. Sa remontée au championnat – il est à 21 points du leader, son coéquipier Benavides – passe par une victoire ici. En attendant d’y parvenir, « Chucky » soigne un peu plus ses statistiques en hissant à 27 son record de spéciales W2RC remportées.

