Nasser Al Attiyah à la charge
Stoppé net par sa batterie déchargée dans l’étape 3, le leader du championnat du monde Nasser Al Attiyah n’était pas dans son assiette cette semaine. Sa Dacia n’était pas mieux classée que 8e Ultimate dans les deux premières étapes avant de devoir quitter la 3e. Hier, le Qatarien a signé son premier top-5 de la semaine, bien loin malgré tout de ses positions habituelles. En signant la 2e position aujourd’hui, le Qatarien repart du Portugal avec seulement 5 points supplémentaires au championnat, à additionner aux 73 acquis après sa victoire sur le Dakar. Un maigre lot de consolation. Mais il ne faut jamais vendre la peau d’Al Attiyah avant la fin du championnat !
Le triple champion du monde a déjà connu pire situation. En 2023, déjà après une victoire sur le Dakar, il avait fait chou blanc sur la deuxième manche disputée à Abu Dhabi, partant en tonneau alors qu’il occupait la tête de la course et laissant les clefs du classement provisoire à… Sébastien Loeb ! Tiens, tiens, l’histoire se répète, Loeb s'emparant des commandes devant son coéquipier au Portugal. Un accident de parcours qui ne l’avait pas empêché de remporter le titre à l’issue de la saison. Batterie à plat ? Al Attiyah repart à la charge !
Santos passe du côté obscur
Bruno Santos a marqué les esprits cette semaine. Sa 3e place finale lors de la première édition du bp Ultimate Rally-Raid Portugal, en 2024, n’était pas passée inaperçue. Mais les motards du championnat du monde découvraient alors les spécificités des terres ibériques, que lui pratiquait depuis des années en championnat national. Cette saison, cet amateur Rally2 a épaté en rivalisant avec Daniel Sanders et Tosha Schareina, ce que la plupart des professionnels du moment ont du mal à faire depuis la saison dernière. Avant-hier, Santos est passé à 2’’ de la victoire face à Schareina ; hier, à moins d’1'00" face à Sanders. À Badajoz, il revenait même à égalité avec Adrien Van Beveren sur le podium du classement général (3e). Renouveler sa performance de 2024 semblait à sa portée, et même une juste récompense de ses prouesses, lui l'amateur qui évolue en deuxième division (Rally2), qui fait seul sa mécanique et se bat face aux RallyGP assistés par les équipes usine.
Mais Bruno a glissé ce matin au km 61. Un faux pas qui lui coûte cher, terminant à 6’14’’ du vainqueur. S’il conserve le général en Rally2, il perd en revanche le podium au scratch. Il a désormais Van Beveren près de 4'00" devant lui. En glissant du podium à la 4e place finale qu’il peut espérer demain, Santos passe de la lumière à l’ombre. Alors Bruno, excellent malgré tout, mérite bien ce petit éclairage.
Al Attiyah ne capitalisera pas
Impérial au Dakar où il s’est offert son 6e sacre, Nasser Al Attiyah (The Dacia Sandriders) s’est présenté à Grândola avec l’ambition non dissimulée de renforcer sa place de leader du championnat du monde, en s’imposant au Portugal pour la deuxième fois de sa carrière après 2024. Le plan ne se déroulait pas totalement comme prévu, le Qatarien abordant ce matin la mi-course en 7e position à plus de 6 minutes du leader. En quittant la spéciale du jour pour raison technique, le Qatarien a tiré un trait définitif sur ses ambitions portugaises.
S’il termine la course à Loulé, Al Attiyah ne peut pas espérer plus que récolter quelques points d’étapes en intégrant le top-5 des deux prochaines spéciales, performance qu’il n’a pas réalisé jusqu'à présent. Une maigre récolte (10 points max) qui, en tout état de cause, va permettre à ses poursuivants au championnat de revenir à ses trousses. Sébastien Loeb (The Dacia Sandriders) et Seth Quintero (Toyota Gazoo Racing W2RC) sont les mieux placés au championnat pour en profiter, Lucas Moraes (The Dacia Sandriders) ensuite. Et devinez qui occupe le podium du classement général à deux étapes de l’arrivée ? Loeb, Quintero et Moraes, le tiercé dans l’ordre !
Cidade freiné dans sa chevauchée
Luís Cidade était devenu hier le 125e pilote différent à gagner une spéciale du W2RC, remportant l’étape 1 du bp Ultimate Rally-Raid Portugal en SSV. Le Portugais de chez South Racing-Can Am rêvait maintenant de la conquête du classement général. Sa tentative s’est subitement arrêtée entre Grândola et Badajoz, la faute à un problème technique subi au 225e kilomètre de la spéciale. Le Can-Am n°403 avait alors plus de 5 minutes d’avance sur son plus proche poursuivant au général. Son abandon de spéciale ne signifie pas la fin de sa semaine de course. S’il parvient à réparer sa machine, Cidade pourra repartir demain pour aller cueillir de nouvelles étapes. Celle du jour est revenue à son compatriote Joao Monteiro (Can-Am Factory Team), permettant aux fans portugais de garder le sourire dans la catégorie.
Ford prend des bleus
Martin Prokop (Ford) d’abord, Henk Lategan puis Saood Variawa (Toyota), avant quasiment en simultané Mattias Ekstrom et Carlos Sainz (Ford), pour ne citer que les prétendants à la victoire : les voitures de pointe qui se sont immobilisées en piste, après la rencontre avec un obstacle ou pour un moteur contrarié, sont nombreuses pour une première journée de course et une étape plus courte que les prochaines. Grâce à la réparation par Lategan de son train arrière qu’il avait envoyé sur un obstacle, et surtout la large voilure de leurs équipes, Toyota peut se permettre de perdre quelques éléments en route d’ici Loulé.
Si Ford n’a jamais été aussi représenté que cette semaine avec trois pilotes Ford Racing épaulés par quatre privés, le sort est mal tombé pour les Bleus. Les trois Raptor touchés sont les officiels, et tous ont été contraints de quitter la spéciale. Problèmes moteur pour Prokop et Sainz, rencontre avec un muret pour le train avant d’Ekstrom : après avoir placé trois Raptor dans le top-5 au Dakar, Ford voit ses chances de briller sur la 2e manche du championnat du monde s’évaporer dès le premier jour. La marque américaine pourra toutefois prétendre à remporter des étapes d'ici à l'arrivée en Algarve.

